Publicité
Publicité
F-R.S. | dimanche 10 novembre 2013 - | Dernière modification le

Vers une disparition des numerus clausus ?

L'Arrêté du 23 décembre 1987 réglemente les conditions d'entrée en Institut de Formation en Masso-Kinésithérapie (IFMK). Celle-ci est conditionnée à la publication annuelle d'un quota d'étudiants par le Ministère. Le monde de la santé a cependant beaucoup évolué depuis 40 ans.

L'échec de la régulation par l'État. Les quotas d'étudiants admis en IFMK ont diminué de 24% entre 1983 et 2000 pour augmenter ensuite de près de 95% entre 2000 et aujourd'hui, passant ainsi de 1 314 à 2 560 étudiants (source DREES / legifrance). L'absence d'évolution homogène du nombre de professionnels est la conséquence de la succession de politiques ministérielles contradictoires, et toujours en retard par rapport aux projections démographiques.
La réduction du nombre de professionnels dans les années 90 visait une diminution des dépenses de santé, la brutale augmentation que l'on connaît actuellement est liée à la lutte contre les déserts médicaux.

L'ouverture à l'Europe. En 1997, la directive européenne 2005/36/CE instaure la « reconnaissance mutuelle automatique des titres de formation ». Depuis, les nouveaux diplômés des pays de l'Union Européenne sont en capacité d'obtenir de manière très simplifiée une autorisation d'exercice en France. Pour se faire il leur suffit de passer devant une commission régionale définie par le Décret n° 2010-334 du 26 mars 2010, qui dans les quatre mois, donne sa réponse.
Avant 1997, les autorisations concernaient une 100ène de kinésithérapeutes par an, aujourd'hui ils seraient près de 2 000. La libre circulation rend donc caduque les politiques de régulations nationale, l'offre de formation étant devenue européenne.

La libéralisation de l'enseignement supérieur. L'université Portugaise Ferdando Pessoa propose depuis la rentrée à des étudiants de suivre les deux premières années d'études de physiothérapeute Portugais à Béziers. L'avantage des études à l'étranger, le départ en moins. La seule sélection qui s'impose étant le coût des études : 9 500 € par an, finalement pas plus cher que certains IFMK Parisiens.

Les kinésithérapeutes français sont aujourd'hui résolument européens. Formés en Belgique, en Allemagne, en Espagne, Pologne ou Roumanie, ils répondent à un manque de professionnels créé artificiellement par l’État.
Plus de besoin de supprimer les numerus, ils sont déjà caducs. 

Partager cet article

Souscription

Inscrivez-vous pour recevoir les nouveaux articles directement par couriel.
Vie privée garantie. Nous ne partageons pas vos données personnelles.

Articles récents

Template modified by info-kine.com from a work of Uong Jowo, Kang Ismet, Solaranlagen, Bed In A Bag, and Lawyers . Fourni par Blogger.

2015 La Revue de Presse des Kinésithérapeutes. All Rights Reserved. Licence Creative Commons