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F-R.S. | jeudi 24 juillet 2014 - | Dernière modification le

Interview d'Améliane Michon, nouvelle présidente de la FNEK : « Il est nécessaire de reconstruire les formations en santé dans leur ensemble »

Le 6 juillet dernier, Améliane Michon était élue à la présidence de la Fédération Nationale des Etudiants en Kinésithérapie. Cette étudiante, pratiquant la randonnée, aime le dessin, la musique mais aime surtout le contact humain. En début de troisième année au CEERRF (Saint-Denis), elle aura la lourde mission de porter la voix des étudiants auprès de tous les interlocuteurs de la profession durant la prochaine année scolaire.


La présidente fraîchement élue a accepté de répondre à quelques-unes de nos questions :

Info-kiné.com (IK) : Être propulsé à 22ans à la tête d'une organisation représentant plus de 7000 étudiants est une lourde responsabilité, est-ce pour toi une vocation ?

Améliane Michon (AM) : C'est beaucoup dire (rires). Etant francilienne de base, je voulais prendre en charge le réseau des étudiants en kiné d'Île de France (à la FNEK, on a un poste pour ça). Durant ma deuxième année, j'ai adoré m'investir dans mon asso locale (AEKiC, Association des Etudiants en Kinésithérapie du CEERRF), ce qui m'a donné envie d'aller plus loin.
Pour savoir si c'est une vocation, c'est un peu tôt, je demanderais à mon bureau ce qu'ils en pensent à la fin de notre mandat, mais ça se passe très bien pour un début !

« La fédération grandit et a de plus en plus de poids au niveau du gouvernement »

IK : Pour mener ta mission à bien, prendras-tu, comme tes prédécesseurs, une année sabbatique ? 

En effet, je prends une année de césure pour la présidence de la FNEK. C'est la meilleure solution afin de faire le meilleur mandat possible, et ne pas mettre en péril ma troisième année. 
Mais je ne suis pas seule, c'est également le cas d'Annabelle Mairesse, ma vice-présidente en charge de l'enseignement supérieur, qui vient de Grenoble. C'est le premier mandat pour lequel la FNEK a deux permanents. La fédération grandit et a de plus en plus de poids au niveau du gouvernement, ce qui nécessite un investissement toujours plus important de ses élus.

IK : Dans ce contexte, comment vas-tu subvenir à tes besoins ?

Heureusement pour nous, la FNEK prend en charge les dépenses courantes de ses permanents. Nos frais de déplacements sont également pris en charge.
Par contre, c'est mon prêt étudiant (25 000 euros) qui me causera peut-être quelques soucis. Son remboursement devrait commencer, avant la fin de ma scolarité... Je compte donc économiser au maximum.

IK : Quelle sera ta priorité cette année ? 

Le bureau national a différents objectifs pour ce mandat. Bien évidemment, nous poursuivrons la représentation de la structure et des étudiants, en restant force de proposition face à nos différents interlocuteurs. Nous souhaitons également développer les services à l'étudiant par la création d'un nouveau guide, le Guide de Survie du Stagiaire Kiné.
Nous souhaitons rester proches de notre réseau, de nos étudiants et de nos valeurs. Par les 2 postes de permanents et un poste de chargé de mission Réseau et Formation, nous saurons nous rendre disponibles pour chacune de nos associations.

IK : Tu es issue du CEERRF, un institut de formation recrutant encore par concours Physique-Chimie-Biologie (PCB) alors même que la FNEK revendique une sélection via la PACES (1ère année de médecine). Comment as-tu vécu ton concours ? En quoi la PACES serait-elle meilleure ?

Je n'est pas mal vécu le concours en lui-même. Ce sont les 3 ans de prépa pour y arriver qui ont été difficiles : le bachotage sur des cours de première et de terminale qui ne sont pas du tout formateurs, le prix de la prépa, le prix de chaque concours... Ça n'a pas été évident.

« Il faut savoir qu'en prépa PCB on est ni élèves, ni étudiants : aucun statut. »

En effet, la FNEK revendique une sélection par PACES. La PACES a au moins le mérite d'avoir un programme de santé, qui constitue une base pour les futurs professionnels de santé, en opposition au PCB. Elle est plus juste socialement, que ce soit au niveau du coût par rapport à une prépa, ou au niveau de la délocalisation des étudiants qui est moindre (le concours PCB peut nous envoyer à l'autre bout de la France, personnellement j'ai eu énormément de chance d'avoir le CEERRF en étant francilienne). Et enfin, la PACES est intégrée à l'université, ce qui implique un accès aux services universitaires. Il faut savoir qu'en prépa PCB on est ni élèves, ni étudiants : aucun statut.
La PACES est loin d'être parfaite, mais c'est un premier pas vers une reconstruction totale des formations en santé à l'université.

IK : Tu es élue dans un contexte particulier, où la réforme des études est confronté à un blocage entre le ministère d'un côté et les organisations professionnelles de l'autre. Penses-tu que nous trouverons une issue favorable à la refonte du Diplôme d'Etat de kinésithérapeute ?

Nous y arriverons forcément, l'application du processus de Bologne est nécessaire. Les travaux sur la réforme progressent, et la FNEK y travaille tous les jours. Je ne suis pas en mesure de dire si cette refonte aura lieu sous mon mandat, mais nous feront tout pour, en tant que fédération représentative des étudiants en kinésithérapie de France.

« Il est nécessaire de reconstruire les formations en santé dans leur ensemble pour une vision globale de la formation en santé, et du système de santé qui en découle. »

IK : Quelle est ta vision de la formation initiale idéale ?

La formation initiale parfaite est celle qui est intégrée pleinement et entièrement à l'université. Bien que ce qui nous intéresse soit la kinésithérapie, il est nécessaire de reconstruire les formations en santé dans leur ensemble pour une vision globale de la formation en santé, et du système de santé qui en découle. Le processus de Bologne sera ainsi respecté, sans aucun contingentement à l'entrée notamment.
Cette formation en kinésithérapie permettra l'acquisition de compétences communes aux différentes professions de santé ainsi que des compétences spécifiques à l'exercice de notre profession. Elle aura un niveau master, qui correspond au statut d'ingénieur en santé que nous avons d'ores et déjà.

Le ministère de la santé l'a confirmé ce matin (Ndlr : le 16 juillet) lors de la concertation sur la loi Santé, leur vision des pratiques avancées correspond à une profession ayant pour compétences le diagnostic, la prise en charge et la prescription, ce que nous avons déjà.

IK: Depuis quelques semaines, suites aux déclarations de responsables européens, mais aussi d'Arnaud Montebourg, on parle de remettre en cause le numerus clausus, qu'elle est ta position sur le sujet ?

La position de la FNEK est la suivante : nous sommes pour la suppression du numerus clausus dans le cadre d'une refonte totale des formations en santé avec un schéma type LMD et une intégration universitaire de la formation en kinésithérapie; mais certainement pas dans le contexte actuel.

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