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F-R.S. | jeudi 23 juillet 2015 - | Dernière modification le

Le SNMKR se mobilise pour l'accès direct en kinésithérapie

Le Syndicat National des Masseurs-Kinésithérapeutes Rééducateur à lancé en juin dernier une campagne nationale pour défendre l'accès direct en kinésithérapie. Son président, Stéphane Michel répond à nos questions.





Le SNMKR lance une campagne nationale pour promouvoir l’accès direct chez le kinésithérapeute. Qu’est-ce que l’accès direct ? En quoi cela diffère de la législation actuelle ?


Aujourd’hui, pour des soins thérapeutiques chez un kinésithérapeute, la loi oblige les patients d’obtenir systématiquement une prescription médicale. Avec un accès direct, les patients ne seront plus obligés de passer systématiquement chez leur médecin pour consulter un kinésithérapeute.


Dans les faits, les kinésithérapeutes exécutent déjà des soins en accès direct. Dans un cadre non-thérapeutique, les kinésithérapeutes exécutent librement leurs soins et dans un cadre thérapeutique, ils réalisent des bilans, prodiguent des conseils ou font de la prévention.


Par exemple, le SNMKR est à l’initiative depuis 2008 du projet « M’Ton Dos ». Les familles d’enfants de CM1, CM2 et de 6ème peuvent consulter directement un kinésithérapeute pour dépister et prévenir les troubles du rachis.

Pour des soins thérapeutiques, après un premier diagnostic, l’article R4321-2 du Code de la Santé Publique permet aux kinésithérapeutes de modifier l’indication initiale du médecin pour étendre les soins à d’autres régions du corps.

Puis, quel kinésithérapeute n’a jamais reçu en urgence un patient souffrant d’une entorse ou un bébé encombré, lors d’une épidémie de bronchiolite ?

Nous demandons simplement l’officialisation de ces pratiques existantes. Le patient du 21ème siècle est acteur de sa santé, il souhaite pouvoir consulter directement son kinésithérapeute quand il en a besoin.

L’accès direct chez le kinésithérapeute améliorera l’offre de santé de notre pays et facilitera l’accès aux soins de la population, tout en réduisant les coûts et les délais d’attente.

Pensez-­‐vous que les kinés soient suffisamment formés pour remplir cette mission ? Avez-vous des exemples ?


Nous ne réclamons pas un élargissement de nos compétences en dehors du champ de la kinésithérapie. Nous affirmons simplement que les kinésithérapeutes ont les compétences pour accueillir directement les patients.

Aujourd’hui, notre profession se modernise avec notamment une réingénierie de la formation initiale des masseurs-­‐kinésithérapeutes. A travers cette modernisation et les formations complémentaires, les kinésithérapeutes ont les compétences pour accueillir directement la population.

L’accès direct ne signifie pas que les kinésithérapeutes pratiqueraient des soins à tous les patients quelle que soient leur pathologie.

A travers un diagnostic différentiel et d’orientation, lorsqu’un patient présente des pathologies qui ne sont pas du ressort du kinésithérapeute, il est orienté vers son médecin généraliste.

Notre volonté n’est pas de concurrencer les médecins mais, d’avoir un vrai rôle de partenaire médical comme c’est déjà le cas dans la plupart des pays d’Europe et d’Amérique du Nord.

Cette campagne a-t-elle une chance d’aboutir ?


Cette campagne a une chance d’aboutir parce qu’elle est dans l’intérêt de tous. Nous le constatons avec les nombreux retours positifs que nous recevons, que ce soit des kinésithérapeutes, mais aussi des patients.

Le rôle d’un syndicat n’est pas seulement de défendre les intérêts acquis, il se doit de proposer et d’imposer dans le débat public de nouvelles avancées pour la profession.

Cette campagne a le mérite d’interroger notre profession sur le rôle qu’elle souhaite jouer dans l’accès au soin de la population.

Il n’existe pas d’acte de consultation à l’heure actuelle, comment envisagez-vous la prise en charge financière de l’accès direct ?


Les patients qui se rendent chez un ostéopathe ne se posent pas la question. La majorité des mutuelles ont intégré un forfait annuel de prise en charge, y compris pour les médecines douces ou alternatives.

Tous les actes de soins n’ont pas vocation à être systématiquement pris en charge par la Sécurité sociale. Néanmoins, rien n’empêche de trouver un accord pour une prise en charge par la Sécurité sociale notamment, dans le cadre de pathologies soumises à référentiel et pour certains actes à définir.

Nous avons conscience qu’il s’agit d’une évolution des mentalités, à laquelle chaque kinésithérapeute est en droit d’aspirer.


Interview réalisée par correspondance le 23 juillet 2015.

Pour en savoir plus :
L’appel du SN : L’accès direct pour finir de s’émanciper ! 
Pétition en ligne : www.monkinedirect.fr

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