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julien groues | vendredi 11 septembre 2015 - | Dernière modification le

Histoire de la kinésithérapie au XXème siècle : quelles avancées ?

L'école nationale de kinésithérapie et de rééducation (ENKRE) a organisé, mardi 8 septembre 2015, à l'occasion de la journée internationale de la physiothérapie un colloque consacrée à l'histoire et aux perspectives de notre profession.



Durant une après-midi dans le cadre de l’hôpital Saint-Maurice, Jean Paul David, ancien président du Conseil National de l'Ordre et Pascale Mathieu, actuelle présidente ont tenu une conférence sur « L'essor de la kinésithérapie en France à la fin du XXème siècle » et « La kinésithérapie aujourd'hui et les développements de la physiothérapie ».

Retranscription de l'intervention de Jean Paul David :


Gymnastique Suédoise« Il y a beaucoup de choses à dire pour expliquer comment nous en sommes arrivé là aujourd’hui. L’essor de la kiné en France a démarré au XIXème siècle, cette période est remarquablement décrite dans un ouvrage de Jacques Monet. Nous traiterons aujourd’hui de la kinésithérapie à la fin du XXème siècle.

La kinésithérapie apparaît à la fin de la seconde guerre mondiale dans un contexte où les priorités gouvernementale de l’époque étaient centrées sur la santé et la solidarité. La loi crée ainsi en 1946 la profession de masseur-kinésithérapeute. Cette pratique se fondait alors sur la pratique du massage et de la gymnastique médicale. C’est dans un contexte de fermeture des maisons closes que le monopole du massage, thérapeutique ou de confort, est attribué aux masseurs-kinésithérapeutes pour éviter le risque de voir se développer des salons de prostitution masqués.

En soixante ans il y a eu une succession d’événement qui ont fait avancer ou reculer la profession, mais globalement, marche par marche, la kinésithérapie a poursuivi son essor. 

Je distinguerai trois périodes lié chacune à des évolutions sociétales :
     

Les années 1950 à 1970 : l’histoire de la profession par l’innovation qu’elle apporte au patient.


A cette époque la kinésithérapie est presque exclusivement centrée sur le rachis avec une pratique essentiellement gymnique. Elle est peu développée et ce sont souvent les rhumatologues et les chirurgiens orthopédiques qui font les prescriptions, remboursées lorsqu’il y a la mention « massage et gymnastique médicale ».  

© Musée historique de Lausanne
© Musée historique de Lausanne
Cette période est celle où le kinésithérapeute se fait connaitre dans les services hospitaliers. Il n’y a pas encore de cadres kinés, ni de médecins rééducateurs. L’essor de la kinésithérapie hospitalière et l’apparition du Testing permet aux médecins de se rendre compte que les kinésithérapeutes sont en capacités de faire des bilans.

La formation de kinésithérapeutes durait deux ans et déjà des syndicats demandaient un allongement des études de 2 à 3 ans pour répondre à l’évolution des pratiques et souhaitaient la mise en place de spécialisations. A cette époque, il existait uniquement des masseurs-kinésithérapeutes. Face à cette volonté d’augmentation de la durée des études et la volonté de spécialisation le gouvernement répond par un éclatement des métiers de la rééducation et le refus de l’allongement de la durée des études. 

Le 5 août 1967 un certificat de moniteur cadre est créé permettant après un an de formation complémentaire de devenir formateur dans les écoles de kinésithérapie.

1970-85 : réforme de la profession par la réforme de la nomenclature.


Au milieu des années 70 les médecins généralistes commencent à s’intéresser à la kinésithérapie et commencent à prescrire des soins. Les médecins de médecine physique et de réadaptation apparaissent et prennent une nouvelle place dans le système de soins hospitaliers : ils assurent la coordination des différentes professions de rééducation.

La nomenclature générale des actes professionnels (NGAP) a été mise en place en 1972. Elle permet le développement de la kinésithérapie libérale. 

Le décret du 26 août 1985, dit de  « compétences », élargi notre champ de compétence. Il est notre première marche vers l’autonomie. Notons qu’en 1985, ce décret apporte des compétences aux kinésithérapeutes qui sont absentes de la formation initiale.

De 1980 aux années  2000 : la reprise par l’état de la CNAM.


En 1989 apparaissent les premières expérimentations de la sélection universitaire par les facultés de médecine (PCEM1) à Dijon et Vichy. Cette expérimentation sera étendue aux 2/3 des instituts mais ne sera jamais généralisé. 

En 1995 le plan Juppé met en place un encadrement des dépenses médicales avec notamment une restriction des prescriptions médicales mais aussi la mise en place de quotas d’entrée dans les instituts de formation. On voit apparaître une activité non-conventionnée pour s’affranchir de la tutelle médicale et de la sécurité sociale : ostéopathie, soins esthétiques, médecines alternatives.
Lors de l’été 2000 le gouvernement de Martine Aubry met en place une diminution de la lettre clef. C’est la plus grande mobilisation du monde libéral avec plusieurs manifestations. La lettre clef sera rétablie un an après. 

Durant les années 2000 on observe de nouvelles avancées pour l’autonomie des kinésithérapeutes : la mise en place le bilan diagnostic kiné (BDK) et la fin de la prescription qualitative et quantitative. »



Pascale Mathieu a ensuite présenté les récentes avancées de la profession : la réforme de la formation et les perspectives d'avenir pour la kinésithérapie.

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